Les Dessous par Incognito

Jupons et guidons

20 février 2014

Marie
TLMEP (ou pas)
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« Jeune fille, mettez-vous à genoux. Vous savez que votre jupe doit toucher le sol n’est-ce pas ? »

On parle toujours des grands combats en histoire des femmes : la lutte pour le droit de vote, celle pour le droit à l’avortement, pour l’éducation, l’accès aux professions, etc.  Mais personne ne parle jamais de cette bataille épique pour… le droit de rouler à bicyclette !

À la fin du 19e siècle il y avait un obstacle majeur nous empêchant  de suivre nos frères et maris à deux roues sur les routes du Québec : la longueur de nos jupes ! Ben oui, je ne sais pas si vous avez déjà essayé, mais quand la jupe aux chevilles et la chaîne du vélo se font face… y a pas de gagnant possible (surtout pas la personne qui est assise sur le vélo) !

À cette époque, il y avait débat sur ce que nous – les femmes – avions ou non le droit de porter. D’un côté, les progressistes étaient en faveur de tenues plus légères et pratiques (Adieu gros jupon bien lourd !). Les médecins - qui commençaient tout juste à reconnaître les bienfaits du sport pour la santé des filles - encourageaient eux aussi des tenues plus adaptées à la pratique d’un exercice physique. De l’autre côté, les conservateurs avaient carrément peur qu’on devienne des hommes (sous-entendu : « et qui s’occupera de nos enfants ?!? »). C’est sans compter que les jupes courtes faisaient aussi peur pour la morale : « On t’a déjà dit que tu avais des chevilles… super sexy ? ».

Le débat a duré pendant des décennies, jusqu’à ce que les mentalités - secouées par la terrible Première Guerre mondiale - évoluent. Au cours de ces « années folles », de libération et de retour à la vie,  notre look a pris un coup de jeunesse : cheveux plus courts, lèvres et ongles colorés, sourcils épilés, jupes au-dessus du  genou et même… pantalons !!!

Dans la foulée, malgré les conservateurs qui continuaient à vociférer, les routes du Québec ont été envahies de filles et de femmes roulant librement à bicyclette, chevilles à l’air et cheveux au vent. Avec leurs nouveaux vêtements, les filles ont aussi pu commencer à faire du ski, du tennis, du canot, de la natation… Bref, cette anecdote me rappelle qu’à force de persévérance, on peut rendre notre société plus égalitaire et plus juste.

Pensez-vous qu’il existe encore de grandes inégalités hommes-femmes au Québec ?

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À propos de l'auteur

Marie, c’est la grande sœur qu’on rêverait toutes d’avoir. C’est à elle qu’on vient demander conseil, qui nous rassure mais avec qui on a de...